Dessine-moi un brouillon

Presque un an que je n’ai pas publié un billet en ces lieux. Non point que je n’eusse pas voulu sortir ma plume pour balayer les touches de mon clavier poussiéreux, mais tout simplement parce que j’ai amassé un nombre de brouillons sur des idées par-ci par-là en réaction à l’actualité :

– une fiction juridique suite à une réflexion d’apérojuriste (copyright @soph_cm et @piroska_) en réaction à l’affaire Académie Française versus Assemblée nationale (avec notamment des publicistes des chevaliers des grands arrêts nous fûmes prêts à faire notre révolution de l’ordre juridique avec un nouveau projet de Franstitution, ndlr un projet sublime mais inachevé) ; – une note d’humeur sur le féminisme à travers 50 shades of grey (vraiment); – des anecdotes de stages, – ou encore un projet de réforme du droit des contrats en matière de droit du couple (si si ,le droit de la famille napoléonien est bien trop obsolète eu égard aux us et coutumes des hommes et femmes de nos jours en matière de relation de couple).

Bref un amas de brouillon d’idées qui s’amoncellent sans réels aboutissements tout comme chacun dans sa vie esquisse de part et d’autre des projets par ici et idées par là, qui s’éclipsent du côté-ci ou évolueront au loin là bas sous d’autres formes.

Un an dans la vie active et me voilà aujourd’hui à constater que je me retrouve complétement bloquée dans le carquois du tourbillon de la vie quotidienne d’une jeune juriste. Où j’y découvre les joies du jonglage entre les doubles (ou triple) emplois, la gestion de la vie parisienne et les tracas du quotidien. Il s’en est de facto suivi une baisse d’activité sur les réseaux sociaux, tant par l’incompatibilité de mon activité professionnelle, que par un certain burn-out de l’omniprésence sur la toile. À trop vouloir y tisser des liens et réseaux on se perd finalement dans l’infinité des mailles de ce microcosme.

Mais au final, j’en fais le bilan d’une année à tisser un équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ou tout du moins à ne pas trop rester en déséquilibre. Un an à me construire moi et ma forteresse, mon chez-moi, mon confort. (j’ai longtemps hésiter à publier une note en deux parties et deux sous-parties sur les montages de meuble Ikea mais trop peu intéressant le concept, et surtout trop rigoureux pour du meuble Ikea)

Néanmoins pour maintenir un équilibre, des choix sont à faire. Beaucoup de projets tant numériques, que privé ou professionnels restent donc en suspens ; dois-je évoquer cette thèse dont je dois esquisser un plan depuis bien trop longtemps? ou encore d’autres projets perdus de vus ou qui prennent la poussière sur le bureau ? (et je ne parle pas des mes peintures à finir dans mon appart…)

Force est de constater qu’il faut parfois savoir tourner la page sur certaines choses pour en construire des nouvelles auxquelles on n’aurait jamais aspirées il y a encore peu. Oublier les déceptions passées qui se sont dressées sur le chemin qu’on avait emprunté pour les mener vainement jusqu’au bout.

Au final, on dessine des projets, des brouillons, des envies comme on prépare sa liste de courses ou sa liste de résolution de la nouvelle année. On se promet à chaque fois de ne rien oublier ou de s’y tenir et puis on sort dans la vie réelle dès le seuil de notre porte franchi. Une fois perdu en plein milieu des aléas de la vie, on se rend compte que l’on a tout simplement oublié cette liste et que face aux obstacles qui se dressent à nous, on va, par défaut, rester ancré avec nos habitudes et principes auto-proclamés qui maintiennent notre équilibre. Ou bien alors les éléments qui nous font face nécessitent un ajustement improvisé. Aussi, quelque soit le cas de figure, on omettra des éléments, volontairement ou involontairement, pour tenir la tête hors de l’eau, dans cette zone de confort qu’est le statut quo.

Le Statut quo, cette situation de déséquilibre que l’on décide de conserver pour établir un semblant d’équilibre, mais tellement fragile au fond car symptôme d’un problème sous-jacent à résoudre.

On décline la responsabilité de se jeter trop vite sans filet et de prendre ainsi trop de risques. Une prudence endiguée dont le seul but est de se maintenir dans un cocon dans lequel on évolue sans réellement éclore. On préfère alors rester sur ce confort sur lequel on repose et, parfois, on stagne de peur des conséquences d’un tel plongeon, on évince les gains de la prise de risque pour éviter une éventuelle noyade.

Les sportifs ne peuvent que comprendre cette prise de risque les gonflant d’adrénaline et les conduisant à toujours se surpasser, or une fois le dépassement de soi atteint, n’en sort-on pas grandi ? Dois-je rappeler que le meilleur moment est justement LE saut, lorsque l’adrénaline nous euphorise complètement et anesthésie de la raison et de la douleur ?

En effet, de temps à autre, plonger sans se poser de questions peut apporter de belles surprises, de somptueux moments. Ce plongeon pourrait arborer de magnifiques images abyssales que l’on n’aurait jamais soupçonnées. Et, une fois la surface atteint, la tête hors de l’eau, nous en sortons renforcés, ce plongeon peut ainsi mener à des paradis perdus et négligés par l’omniprésence de nos œillères.

On oublie alors que, peut-être pour atteindre cet équilibre sur lequel on jongle tant, il faut accepter un certain déséquilibre. Pourtant, à la place on préfère souvent sombrer dans les vices du statut quo.

Pour conclure, Il en vient à se demander si on se complait tant à faire ces « to do list », après tout ne serait-ce pas dû au fait que nous ne sommes, et ne resterons, que d’éternels insatisfaits, n’est-il pas ?

Alors piqueriez-vous une tête avec moi ou bien continuons nous à dessiner aveuglément d’éternels brouillons ?

Publicités

Une réflexion sur “Dessine-moi un brouillon

  1. Mettez vos talents au service de l’ Education populaire.
    Ecrivez des chroniques, et même un beau livre, sur les Grandes lois de la République.
    JFG Professeur Association Philotechnique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s