Le tourbillon de la vie

La vie est pleine de mystères, au fond on ne sait pas ce qu’elle nous réserve ; le paradoxe restant que l’on sait qu’elle s’achèvera sur la mort, mais on ne sait pas quand.

Cela pourra être de mort naturelle ou violente, un accident, une maladresse ou une longue maladie. À l’annonce d’un décès d’un proche (ou d’une célébrité depuis l’avènement des réseaux sociaux) on partage tous plus ou moins des messages de soutien. De même que l’on va afficher notre soutien à des causes comme le téléthon, la lutte contre le sida ou le cancer. Notamment lors de la journée mondiale de la lutte etc. Puis on oublie ça comme une lettre dans le fond d’un tiroir. (les 14 visites sur mon billet pour le don du sang contre des centaines sur des sujets plus légers confortent mon hypothèse). Au fond, sensibilisé le temps d’une émission, d’un message, d’une triste nouvelle, la plupart du temps on s’émeut quelque temps pour à nouveau vaquer à notre quotidien sans une réelle impact. Jusqu’au jour où…

Le cancer. Combien de fois j’ai pu tressaillir puis finir par dire un « atroce maladie » ou un « désolée » de façon gênée. Je partage même souvent des publications pour des associations type cœurs en scène ou tweets de certains de mes followers qui luttent contre la maladie ou se mobilisent. Je reste en effet convaincue de la nécessité de leurs actions. (à ce sujet, svp allez acheter le single un faux départ sur iTunes c’est pour la bonne cause y’a du beau monde qui y chante – de Starmania à Disco !)

J’ai connu comme, tout le monde, des gens qui ont vu leur proches mourir de cette maladie : le grand-père d’un ex, le papa d’une amie, la sœur de ma mère, et tellement d’autres encore. Quelle ne fut pas la douleur de leur perte ? Inquantifiable, indélébile.

Quand un ami nous annonce qu’un parent à lui a un cancer, on compatit, on dit comprendre ou on panique. On dit quelle m**** cette maladie. Mais non. On ne sait rien tant qu’on ne l’a pas vécu directement.

Il y a bientôt quatre ans, j’ai rencontré une toute jeune fille, 18 ans tout juste, pleine de vie. On avait beaucoup discuté à travers les réseaux sociaux suite à une passion commune pour la comédie musicale Roméo et Juliette (ne me jugez pas), on s’est rencontrées pour le week-end de la dernière au Palais des congrès. On avait même eu des invitations surprises du Compositeur himself une heure avant le dernier show. Je me souviendrai longtemps du sourire sur son visage. C’est celui-ci que je veux garder.

Pourtant on venait de lui diagnostiquer une tumeur au cerveau. Je ne le savais pas à l’époque. Après ce week-end pour elle a commencé une année (et plus) de lutte intensive contre la maladie. 2011 sera pourtant l’année de la rémission. Elle a lutté pour passer son bac durant cette année là. Le traitement l’avait beaucoup affaiblie. Elle a perdu beaucoup de force. Le corps ne se remet pas si facilement de la chimio et des radiographies. Mais elle a eu son bac, et devait entrer en BTS à la rentrée 2013. Elle en voulait. Elle ne se plaignait jamais. C’est pour ça qu’elle y est arrivé.

On est resté en contact, de temps en temps on allait voir quelques spectacles sur Paris quand je suis arrivée sur la région. Je me suis rapprochée d’elle quand j’ai su son combat.

Sauf que cet été, le verdict est tombé, le cancer est en récidive. Son état s’est aggravé trop vite. Elle entre aujourd’hui en soins palliatifs. Les médecins qui ont mis des mois à trouver la chimio adaptée, puis le bon timing (pas assez de plaquettes… allez donner votre sang je vous ne le dirai jamais assez) ont décidé de stopper les traitements.

Quand la médecine baisse les bras,
Quand à demi-mot j’ai envie de souhaiter mes voeux à ses parents, alors qu’on sait tous trois que l’année sera horrible, et que ça parait maladroit,
Quand on a envie de garder espoir et que pour la première fois je la vois pleurer alors que je l’avais toujours vue  souriante,
Quand on n’ose pas lui prendre la main de peur de s’effondrer en larmes,
Quand on a envie de dire des mots  à la famille pour les soutenir mais qu’on ne trouve rien à dire,
Quand on retient ses larmes pour lui sourire et donner de l’espoir voulant y croire jusqu’au bout,
Quand on me confie des mots et maux d’une malade qui toujours croquait la vie à pleine dent sans broncher, et que les larmes nous inondent,
Quand je vois que l’issue semble dessiner un échec et mat contre lequel on ne peut plus rien faire,
Quand on ne veut pas y croire,
Quand on redoute chaque appel de sa famille…

Alors seulement là on se rend compte de l’effet dévastateur du cancer sur une personne et son entourage

J’avais besoin d’écrire ces quelques lignes pour exorciser. Pour autant ce n’est pas mon combat. Mais il m’affecte, car son jeune âge me touche, car personne ne devrait avoir à vivre ça. Et encore moins à 22 ans.

Personne ne devrait à avoir à passer son année dans les hôpitaux pour être avec son enfant si jeune, alitée, perdue, dans un corps détruit par la maladie.

Je tenais à remercier ceux qui s’investissent dans cette cause en étant présent dans les hôpitaux pour continuer à donner du rêve et leur faire oublier un instant ce combat douloureux.

Et malgré tout, je vous souhaite à tous une bonne santé en ces temps de vœux. Car il n’y a vraiment pas d’âge pour se la souhaiter.

Et Anna, puisses-tu me lire un jour en pleine santé, c’est mon unique vœu pour cette année. Le seul. Je veux y croire.

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4 réflexions sur “Le tourbillon de la vie

  1. Oui, on n’est concerné que de loin et de temps à autre, tant que la maladie ne touche pas quelqu’un de notre entourage, ou ne nous touche pas directement. Tu le dis très bien dans ton article, et c’est quelque chose de malheureux.
    Il faut faire de ce qui nous est donné quelque chose de beau.
    Courage ♥

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